Ils ne se quittaient point des yeux ; sans rien dire, ils se remerciaient l'un l'autre du réconfort qui leur était apporté.
« Et, maintenant, tout doit être prêt, » dit Sarah.
Mais en franchissant le seuil de la maison, suivis par le messager, ils ne purent s'empêcher de rire. On n'avait rien préparé du tout. Posée à terre, la bassine était vide. Debout devant le mur, les deux enfants restaient immobiles, silencieux, le menton levé, les bras ballants, les pieds en dedans, bouche bée, les yeux ravis. Ils regardaient, ils écoutaient un oiselet rouge, leur oiseau familier, qui, dans sa cage d'osier pendue à un clou, s'égosillait d'étrange manière.
« Jamais, dit David, l'oiseau rouge n'a chanté comme ça! on dirait… on dirait…
— On dirait, dit le petit Elysée, que le jour va bientôt se lever.
— C'est ça! interrompit David.
— … Un beau jour!
— Qu'il est content, notre oiseau! Regarde : il sautille, il a l'air de vouloir s'envoler.
— C'est vrai ; j'avais peur de le dire… Mais, s'il veut s'envoler, est-il vraiment content?
— Je vais lui donner des miettes de pain avec des graines.