« Comment le vois-tu, cet enfant? disait le bœuf.
— Je le vois doux, je le vois généreux. Et toi, bœuf patient, comment le vois-tu?
— Je le vois fort, je le vois déjà grand et nous donnant ses ordres de haut. »
La mère berçait son enfant.
« Non, dit l'âne, il sera seulement de la taille des hommes, de la taille de ceux avec qui nous devons vivre, mais il saura nous parler de plus près.
— Il nous dépassera, dit le bœuf, il sera le grand maître, le grand maître redoutable et de chacun redouté ; d'ailleurs, il se peut que son joug ne soit pas à mes épaules plus lourd. »
La mère caressait le visage de son enfant.
« Il ne sera, dit l'âne, que douceur et pardon ; il ne sera que bonté.