Puis, d’une voix plus amicale et du ton que l’on prend pour expliquer des vérités premières à un pauvre imbécile sympathique, il ajouta :
« Voyons, Serval, mets-y un peu du tien ! Cet homme m’intéressait ; je le regardais vivre avec complaisance, je l’ai vu mourir et, soudain…
— Mais non, tu ne le regardais pas vivre avec complaisance ! tu ne le regardais pas du tout ! Quand il est mort, tu as fabriqué un développement posthume à son propos !
— Ferme ça ! ferme ça !… Je l’ai vu mourir et, soudain, il a revécu devant moi. Depuis cet instant, il est mon ami… mais taisons-nous, il dort. Ne parlons plus !…
— Ne parle plus, tu feras bien. »
La chauve-souris s’était accrochée à sa poutre, là-haut ; le silence prenait forme ; la nuit se dépouillait de ses derniers bruits ; on allait pouvoir dormir.
« Ne m’en veuille pas, Serval ! tu n’avais pas compris. »
La chauve-souris volait de nouveau, noire et grise, dans l’ombre et dans le clair de lune.
J’entendis encore quelques murmures sourds :
« Bonne nuit, mon ami Tierspoint… dors en paix. »