« Margis… c’est pas chic à toi !… »
Le lieutenant ne s’étonne pas. Il m’apprend que Leroy, pendant que tombait la rafale, s’occupait assidûment, de droite et de gauche, de la façon la plus discrète, la plus utile, la plus courageuse, à sa manière, enfin.
« Leroy, lui dit-il, vous êtes un brave ! et vous Cigogne aussi… mais je vous en veux beaucoup, polisson ! »
Le soir de cette bruyante journée, Cigogne avait l’air fort satisfait, le lieutenant lui ayant promis, malgré l’inexcusable « refus d’obéissance », une belle citation.
« La croix de guerre t’ira bien, Cigogne, lui dis-je en l’embrassant.
— Allons, Serval ; n’y mets donc pas du sentiment ! c’est trop facile ; je veux dire que c’est trop facile de raccommoder quelque chose dans ces conditions ; des gestes de ce genre ne coûtent vraiment pas assez cher ! Je suis content que ma croix te fasse plaisir, mais… ah ! Leroy est un veinard !… mais…
— Quoi donc ?
— Si j’avais été blessé, comme je serais plus content encore ! »
CHAPITRE XV
On s’ennuyait beaucoup, ce soir-là. Pour dire quelque chose, je demandai :