— Probable qu’on s’est trompé, ce matin-là, répondis-je d’un air grave. Petite erreur ! Ça ne t’arrive jamais d’écrire un mot pour un autre ?

— Si, mon vieux… quelquefois. »

Maintenant, il essuyait le cuir intérieur de son casque, minutieusement ; il s’appliquait à cette tâche.

« Cigogne, demandai-je, quelle est, au juste, la couleur de tes cheveux ?

— On n’a jamais su, répondit-il, depuis qu’ils sont ras. Cette teinte, dans le civil, c’était du blond cendré ; aujourd’hui, il faut trouver autre chose : fleur de pêcher… reflet de tabac d’Orient… En somme, j’ai des cheveux roses, mais on dit qu’ils sont jaunes, pour être poli. »

Cigogne remit son casque.

Et voilà que nous nous taisons, que nous tendons l’oreille… Un long sifflement mince, un éclat brutal, sans échos, de la poussière en pluie, de petits cailloux…

« Ils recommencent, dit Cigogne. Heureusement, je n’ai pas l’ouïe délicate ! »

Nous étions déjà dans l’abri de l’observatoire et je transmettais par téléphone à la batterie les ordres du lieutenant.

CHAPITRE III