— Tu crois atteindre à la foi par un geste de comédien ! Ah ! tu es bien de la race des gens qui demandent aux femmes de se sacrifier d’abord, qui demandent à leur Dieu de mourir pour eux d’abord, et qui oublient d’aimer l’être souffrant ou le Dieu qui meurt ! Si tu veux toucher le Christ, aime-le avant de le saluer comme un singe ! aime-le avant d’escompter son sacrifice ! Cabot ! cabot ! Je préfère encore l’homme qui jouit d’un beau corps sans chercher plus loin, ou qui croit à un Dieu mécanicien qui mit en marche le monde et ne s’en soucia plus ! »

J’étais exaspéré contre Cigogne.

Il me répondit d’une voix lamentable :

« Je ne pourrais pas ! je ne pourrais pas ! Il me faut de la douleur pour être heureux ! Il me faudrait voir les sept plaies du Christ pour croire en lui !… »

Et je me demande si mon ami Cigogne ne faisait pas encore une fois de la littérature.

CHAPITRE XXVII

Du cahier lavande.

Je n’en pouvais plus ! il avait vraiment dépassé toute mesure permise. J’ai dû prendre un parti, tentative peut-être inutile, folle, sans doute, assurément inconvenante, mais, je le répète : je n’en pouvais plus !

Qui est-ce, M. Serval ? Je ne sais rien de lui que par les lettres de Roger, or il est rare que le jugement de Roger soit posé, puisqu’il le fonde, chaque fois, sur son impression d’un instant, à la manière des petits enfants qui disent : « Celui-là est beau ! celui-là est laid ! celui-là est méchant ! » Néanmoins, il a toujours parlé de M. Serval comme d’un galant homme, très cultivé, peintre de talent, paraît-il.

Alors… ai-je eu raison ? Hélas ! il faut attendre.