« De quoi souffre-t-il ? »

Longtemps, ils marchèrent presque côte à côte. Salvert prenait parfois de l’avance, puis il ralentissait et se laissait rattraper.

« De quoi souffre-t-il ? Affaires de métier ? Amour ? Un Breton, oui, sans doute, dépaysé, je pense, dans ce soleil. De la franchise, de la vigueur aussi. Il doit serrer une main proprement, en brave homme. Mais comme il a l’air de souffrir ! »

Soudain, l’artilleur qui roulait une cigarette s’arrêta.

« Pardon, Monsieur, dit-il en saluant. Pourriez-vous me donner du feu ? »

On était arrivé devant la grille de la villa Mireille.

« Volontiers, mon ami. Ah ! ma cigarette est éteinte ! mais voilà mon briquet.

— Merci, Monsieur, vous êtes bien honnête. »

Salvert poussait le battant de la grille. Le soldat eut l’air étonné.

« Probable que c’est le précepteur », se dit-il.