Mais M. Salvert a dit qu’un homme devait être brave. Il faut sauter.
Non ! non ! c’est trop haut ! non ! il ne peut pas ! il… il se fera mal !
M. Salvert a dit qu’il fallait être brave. Allons !
Oh ! sur le bord, c’est glissant ! les cailloux roulent, ils font du bruit en bas. Tomber comme ces pierres ! oh ! et si longtemps !
M. Salvert a dit… et la mer qui miroite ! si grande ! si claire ! si dure !
Jacquot crie, Jacquot a très peur. Brusquement, il se tait. Une pensée nouvelle se propose.
M. Salvert lui a montré comment on sautait sans avoir peur. Jacquot sait sauter sans avoir peur. On prend son champ, on replie les jambes sous soi… et c’est fait.
Il va chercher le banc. Il le traîne jusqu’au bord de la falaise. Il s’anime, il y met plus de force qu’il n’est besoin. Le voilà droit. Allons ! il sautera. M. Salvert l’a dit. Il aime bien M. Salvert. Il a tout oublié. Allons ! allons ! Il joue. Il part du fond de l’allée. Un, deux, trois ! Le voilà parti ! Il court ! il court ! Il saute d’un brusque élan.
XLIV
Une heure passa.