Salvert reste muet.
M. Laurenty s’est approché lourdement de sa femme et l’embrasse.
« Pardon ! dit-il. Pardon ! c’est affreux ! je resterai toujours auprès de toi ! je ne te quitterai jamais, Hélène ! »
Mais Mme Laurenty ne semble pas comprendre et secoue la tête comme pour nier.
La mouche se pose encore sur le visage de Jacquot. Salvert se lève, l’écarte lentement et se rassied.
« Il était bon, il était beau, il était doux, songe-t-il. Voilà ce qu’il en reste ! »
La veillée se prolonge. M. Laurenty n’est vraiment plus qu’un gros tas de chair. Mme Laurenty semble pétrifiée. Périer croise et décroise ses doigts en regardant droit devant lui.
Une faible lueur pénètre dans la chambre. Il fera bientôt jour, dehors. Les volets laissent filtrer un peu d’aube.
Mme Laurenty est allée prendre un mouchoir sur la table. Elle contemple son fils encore une fois et, passant devant son mari, caresse les cheveux de M. Laurenty. M. Laurenty lève le front et la regarde. Il y a une détresse infinie dans ces deux regards.
Mme Laurenty est debout près du lit. Elle se penche, puis se redresse et dit d’une voix brouillée :