— Avez-vous regardé le calendrier ?

— Non, ma chère ! Le 12 ?… Qu’offre-t-il de spécial ?

— C’est l’anniversaire de la naissance de Jacquot.

— Ah ! tiens ! c’est vrai ! Je lui achèterai quelque chose, en remontant, ce soir.

— Moi, j’y ai déjà pensé hier. »

M. Laurenty était de bonne humeur ; il se contenta de sourire et répondit aimablement :

« Hélène ! tu penses à tout ! »

Ce fut pour Jacquot une belle journée. Sa mère lui donna de très élégants mouchoirs, une douzaine, brodés dans le coin, d’un double chiffre ; M. Périer, trois livres, reliés en rouge, à tranches d’or, non pas de Jules Verne, cette fois, mais qui promettaient, à n’en juger que par leurs images, de passionnantes lectures. Enfin, M. Salvert arrivait à la villa, vers deux heures, chargé d’un très encombrant paquet : un aéroplane, un merveilleux aéroplane dont les ailes avaient, pour le moins, cinquante centimètres, et qui volerait, oui, qui volerait comme un oiseau. M. Salvert allait, tout de suite, expliquer le mécanisme à Jacquot, tout de suite, car on ne travaillerait pas aujourd’hui, bien entendu !

« Oh ! sortons ! monsieur Salvert ! Dans le pré des Pêcheurs, au tournant de la route, il y aura assez de place ! »

On alla chercher Lucienne et, tout l’après-midi, devant les gamins du quartier, rassemblés et pleins d’extase, on entendit des cris de joie.