A six heures, Jacquot, Lucienne et M. Salvert rentraient à la villa Mireille, essoufflés, poussiéreux, mais ravis. Jacquot s’essuyait le front avec un de ses nouveaux mouchoirs ; Lucienne n’en pouvait plus ; M. Salvert semblait exténué.
« Vous êtes bien aimable, monsieur Salvert, de vous dépenser ainsi ! lui dit Mme Laurenty.
— Oh ! vraiment, Madame, je crois m’être amusé autant que Jacquot. »
M. Laurenty n’arriva qu’à huit heures. En gagnant son étude, il avait passé chez le libraire qui donne sur la place d’Armes.
« Je voudrais un livre pour enfants, Mademoiselle.
— Un livre pour enfants ? Bibliothèque Rose ? ou bien un album ? nous en avons reçu hier de très jolis. Il y a des récits de voyages, et ce beau volume, voyez, Monsieur, à quarante francs, qui…
— Oh ! non ! Tenez, Mademoiselle, je prends celui-là. Combien vous dois-je ? Voilà, Mademoiselle. Faites-le envelopper, je vous prie. Oui, je le laisse. Je passerai ce soir. »
Jacquot attendait son père avec impatience.
« Un livre ! oh ! Papa ! quel bonheur ! »
Il ouvrit le paquet, regarda le dos du volume, le feuilleta.