M. Laurenty ne dit mot. Valentine ne manquait pas d’un certain charme. Ce soir-là, Salvert dînant à la villa, ils pourraient, après dîner, descendre tous deux jusqu’au casino. Pour répondre à sa femme, il eut un geste de parfaite indifférence.
« Que voulez-vous, mon amie ! cet enfant a un sale caractère ! »
XXV
Jacquot, un peu troublé, quitta ses parents. Il resta quelques minutes, debout dans l’antichambre de la villa, en se mordant les ongles, puis, brusquement, il sortit et s’arrêta encore pour regarder le jardin. Là, devant, il y avait la mer qui fonçait avec le soir ; tout près, à droite, les plates-bandes s’étendaient, roses, d’un rose très sombre, et cela sentait bon.
Pourquoi ses parents voulaient-ils ?…
Non ! non ! pas maintenant ! plus tard ! Il y penserait plus tard.
Alors, tout à coup, Jacquot se mit à courir, très vite. Il courut à perdre haleine, comme il faisait quand, vers la fin d’une partie, il devait, à toute force, attraper un adversaire qui se rapprochait du but. Il courait comme un fou. Le vent lui soufflait dans la figure.
« Ho ! ho ! je vais toucher le but ! Ho ! Lucienne ! Henri ! ho ! ho ! »
Il criait de toute sa voix, parce que c’était amusant, parce qu’il fallait crier, crier fort, crier plus fort !
Clair dans son costume de toile bise, avec un foulard rouge autour du cou, il dessinait une rapide et charmante image de la joie d’un enfant. Et le crépuscule mauve, autour de lui, était si tendre ! et la mer violette chantait si doucement ! et quelques oiseaux… ah ! ces oiseaux ! et dans tout le jardin se répandait un parfum de fleurs, pénétrant, suave, divers, mais où dominait encore la royale odeur des roses mûres.