Il répond avec un peu d’impatience. Lucienne ramène tout à soi. Elle n’est pour rien dans la tristesse de Jacquot ; elle s’inquiète pourtant et se tourmente. C’est très gentil, mais… Oh ! qu’on le laisse tranquille ! qu’on le laisse tranquille ! et pas de questions, surtout !

Mécontent, Jacquot s’était assis sur un banc avec Lucienne. Lucienne se tenait tout près de lui, tout près. Mme Laurenty parut. Elle accompagnait le docteur Périer jusqu’à la grille de la villa.

« Regardez les enfants, dit-elle, là, sur le banc. Ils ont l’air de petits amoureux ! »

Et le docteur Périer eut un de ces bons sourires tendres qui ravissaient toujours Jacquot.

Ils passèrent.

« Alors, Jacquot, dit Lucienne, tu n’es pas fâché, dis ? »

Il l’embrassa pour la rassurer tout à fait.

Une heure plus tard, Jacquot gagnait la salle d’étude, pièce claire et grande, au premier étage de la villa. Il devait, avant le soir, finir une composition française, une narration, et la remettre à M. Salvert, le lendemain. Il y avait déjà travaillé, la veille. Le sujet était difficile. A première vue, cela semblait tout simple : dites ce que vous pensez du printemps ! Dites ce que vous pensez du printemps ! Jacquot n’en pensait plus rien et restait assis devant son papier, à regarder le ciel et la mer dans le cadre de la fenêtre.

Il avait parlé des fleurs qui s’ouvrent à cette époque et des oiseaux qui chantent. Il avait même décrit le jardin de la villa, plus nuancé, plus vert, et qui embaume, et qui semble revivre et qui paraît plus beau.

Au printemps, les petits lézards gris sortent sur les marches du perron. Ils ont l’air tout content de se promener, parce qu’ils sont forcés de rester dans leurs trous quand il fait froid. Quand il fait très froid, peut-être qu’ils s’endorment comme les serpents. Alors…