Et l'écaille ronflait et sonnait sous son pouce,

Et l'hymne s'élevait sur un mode sacré,

En cadence, dans l'air pacifique et pourpré,

Égale, harmonieuse et large; et, comme en feu,

La lyre d'or chantait sous le geste du Dieu.

Le petit peuple cornu et frisé fait de son mieux pour entretenir le royal visiteur. On lui joue des airs de flûte, on lui chante des duos. Tout cela est bien médiocre, mais Apollon, qui n'en est pas à sa première épreuve, écoute avec bienveillance. Pourtant, lorsque Agès veut se mêler au concert, la mélodie qui sort de sa flûte est tellement discordante, tellement rauque, tellement suraiguë que le dieu ne peut s'empêcher de sourire... On songe à la sérénade de Beckmesser dans les Maîtres chanteurs.

Alors, pour se venger, Agès parle au dieu de Marsyas. On le fait venir.—Et à partir de ce moment il faut que je vous cite les vers mêmes du poète qui, avec une mesure et une discrétion rares, au lieu de nous décrire l'écorchement du satyre et sa mort, a su s'arrêter à temps et évoquer pour nous, par son dernier vers, toute la tragédie qui le suit.

Il vint.

On s'écartait sur son chemin.