C'était vaste, charmant, mystérieux et beau
Cette forêt vivante en ce petit roseau!
Ajouterai-je... vous le savez déjà, que personne ne l'apprécie. Dans la foule de ses compagnons un entre tous ne peut souffrir Marsyas, c'est le vieil Agès; il est envieux, édenté et n'a plus qu'une corne; d'ailleurs, détestable musicien.
Voilà donc le paysage et les acteurs posés. C'est alors qu'Apollon qui voyageait dans cette contrée passe à l'endroit où les faunes font la vendange.
Le poète décrit le dieu, un peu fat et content de lui-même. Assurément il se sait la figure belle et le divin musicien rayonne avec outrecuidance:
Il était beau à voir, debout dans le soleil,
Touchant sa lyre d'or d'un grand geste vermeil,
Magnifique, hautain, solennel et content,
Auguste; il s'essuyait le front de temps en temps.
Les cordes de métal vibraient, fortes et douces,