La patine d'or vert qu'éteint le crépuscule,

Toi la déesse en fuite et moi le Dieu discret,

Statue en marche qui s'avance ou qui recule,

Glisser inversement de cyprès en cyprès.

Dans cette description du parc et de son palais mort, M. de Régnier avait eu des prédécesseurs. Je dois dire qu'aucun d'eux, avant le romantisme, n'avait trouvé une inspiration acceptable.

Les vers du Mercure galant, les petites chansons, les poèmes de circonstance sont tous d'une merveilleuse pauvreté. Il n'y a guère que des exclamations sur les «si beaux jardins de notre roi Louis» ou bien, à propos des statues de déesses, quelques joyeusetés de notaire ivre.

Musset, dans ses Trois marches de marbre rose, ne nous donna qu'une plaisanterie charmante. Dans Versailles il a voulu voir le seul ennui des beaux dimanches où des bourgeois se promènent suivis d'un sillage d'enfants mal mouchés. Il le dit d'ailleurs avec franchise:

Je ne crois pas que sur la terre

Il soit un lieu d'arbres planté,

Plus décrit, plus lu, plus chanté