« Oui, celui-là est venu à la maison…
« Le fils du banquier ?… Il te plaît ?… Non ?… ah ! très bien…
« Connais pas…
« Ah ! le petit Berthier ? je le croyais plus âgé…
« Connais pas…
« Saltier ? le fils du notaire, je pense ? Tu dis qu’il est à la tête de la classe : il tient de son père, un malin…
« Dalsant ? qui est-ce ?
— Je ne sais pas au juste, Papa. On m’a dit que son père était un petit employé. Il est mort l’an dernier. Sa mère a une vie très difficile. Lui, je l’aime beaucoup, c’est un bon camarade, mais il ne cause pas… alors… Est-ce que tu veux bien que je le mène à la maison, celui-là ?
— Bien volontiers, dit mon père. Je ne demande pas mieux. Tu sais, Ottavio, si tu te fais des amis dans ta classe, tâche de choisir ceux qui te paraîtront, d’abord, loin de toi, ceux qui t’apprennent quelque chose, plutôt que ceux qui te répètent ce que tu sais déjà. Invite Dalsant quand tu voudras. »
Je profitai de la permission peu de jours après, durant une récréation.