— Non, Maman chérie ; mais… je perds courage. Parlons d'autre chose. Gautier doit m'attendre chez moi : il m'a promis de venir déjeuner. Voilà plus de quatre jours que je ne l'ai vu. Valérie est malade : congestion pulmonaire.
— La pauvre fille! si j'avais su, j'aurais pris de ses nouvelles.
— J'ai téléphoné tous les jours ; je crains qu'elle ne soit bien bas.
— Tiens-moi au courant, Jacques!
— Sans faute, Maman chérie. Au revoir. »
Restée seule, Mme Damien, immobile dans son fauteuil, regardait droit devant elle, les mains serrées, la bouche fixe.
« Mon petit! mon petit!… Je lui ai parlé si durement! Mais comment faire?… Il a montré beaucoup de courage ; demain, pourra-t-il résister? »
Toujours, elle voyait, elle entendait son mari sanglotant, geignant, bégayant, demandant grâce. Le portrait pendu au mur rendait son souvenir plus vivant, plus réel.
« Non, je ne veux pas! Jacques aura le dessus, quand même! il le faut! »
Et ce fut elle qui pleura, qui fondit en larmes, tout de bon, comme une femme qui souffre plus qu'elle ne peut supporter.