— Ce qu'elle devait dire à son fils, à celui qu'elle croit son fils à elle seule. Maman se trompe : je suis aussi le fils de mon père, je me laisse aller, je cède ; je finirai par tomber, et l'on me marchera dessus. »
Le visage de Gautier demeurait immobile.
« Explique.
— Comment! tu ne comprends pas? »
Il lui fit un long récit détaillé de ses dernières peines. Il lui dit la façon cruelle dont, un soir, l'idole avait, de nouveau, manifesté sa présence vivante.
« Je lisais bien tranquillement, allongé sur le divan, cherchant dans un catalogue d'estampes l'indication d'une gravure que je voulais identifier. Nécessairement, cela était un peu fastidieux et je ne me laissais pas prendre tout entier par ce travail. Souvent, au lieu de parcourir les notes, je rêvais d'autre chose. Je ne m'ennuyais pas : l'ensemble formait, en somme, un agréable passe-temps. Et puis, tout-à-coup, j'ai entendu, non, j'ai vu l'idole trépigner sur son petit socle. Elle s'arrêtait dès que je levais les yeux, mais reprenait ensuite, pour m'exaspérer davantage. Bientôt, elle s'assit, comme une personne, sur le bord de sa planche, jambes ballantes, et, se prenant les côtes, se tordit en un rire silencieux.
— Pourquoi riait-elle? interrompit Gautier.
— Est-ce que je sais, moi!
— Oui, tu le sais. Pourquoi riait-elle? »
Damien hésita :