— C'est facile à dire, mon vieux Gautier ; c'est malaisé à faire… Enfin, puisque je ne bois plus, ces hallucinations, elles vont disparaître?… ces fantaisies de mon idole, elles cesseront? Quand cesseront-elles? Quand deviendrai-je quelqu'un comme tout le monde?

— Jamais! heureusement! car tu as souffert plus et mieux que la moyenne des gens à qui tu veux ressembler. Allons, Jacques! courage le prochain effort, ou le suivant, pourra être le dernier!

— Oui, ou le premier d'une série nouvelle.

— Possible!… je ne crois pas.

— Mais puisque je ne bois plus, je devrais guérir tout de suite!

— Ton père buvait ; tu as bu…

— Et qui a bu…

— Ne dis pas de sottises!

— J'essaierai donc, mais je ne sais si, contre la peur, je pourrai tenir le coup… Et puis, le moment est mal choisi. Cette gosse, vois-tu, j'ai imaginé à son propos des choses folles : une ère de paix, des veillées tranquilles, heureuses, tout ce qui m'est refusé. Il y a quelques jours de cela… durs, ces quelques jours! J'ai payé cher mes rêves d'un soir!… Tout de même… Et si cela devient trop fort, je t'appellerai, ou bien… »

Gautier lui coupa la parole.