« En Hadès ! tu l’avais dit toi-même ! et c’est Perséphone qui te parle ! »

Les sept astres verts pâlirent sur son front, le croissant verdâtre se pencha et les nuées vertes s’infléchirent au souffle divin qui sortait des lèvres, non point rouges, mais dans la teinte desquelles agonisaient des turquoises.

« Toi qui vis, reprit Perséphone, pourquoi viens-tu nous troubler, nous qui pourrissons ? »

Et Sylvius ne répondit que par le bruit de castagnettes qui frémissait entre ses dents claquantes.

« N’aie point peur ! dit-elle encore. Vois ! Cerbère ne te dévora point et mon époux Hadès ne te frappera guère ! Lève-toi, Hadès ! un mortel est descendu jusqu’à nous ! »

L’homme couché se leva et salua Sylvius d’un geste du bras, geste sanglant qui fit tomber des gouttes rouges sur les dalles, tandis que le long du corps dressé, le ruisseau de sang coulait toujours.

« N’aie point peur ! dit aussi Hadès. Quel sera donc mon aspect quand je n’aurai plus de sang païen pour me vêtir. Le ruisseau qui suit mon corps était fleuve durant les jours de notre gloire. C’était un fleuve qui tombait de mes épaules jadis irréprochables et nous encerclait neuf fois. On a dû te parler du Styx ?

— Oui, » murmura Sylvius qui s’accroupit contre la porte et s’y blottit comme une bête frappée.

Ses cheveux tombaient sur son front moite. Il se cachait le visage, mais regardait entre ses doigts.

Perséphone se dressa à son tour, écarta les nuées vertes et dit :