Alors, comme le soleil perçait l’aube de sa première flèche, et, frappant un nuage perdu, le festonnait de rose ; comme se levait une buée aérienne et nuancée du flot enseveli sous des ombres légères ; comme courait dans tout l’espace, frémissait parmi les ramures, se répercutait sur les collines et bondissait vers le ciel une clameur de puissante allégresse, l’ange toucha de son aile étendue le front de Sylvius, puis, à pas de velours, il sortit de la maison.
L’azur était libre, la mer était calme, une flamme d’aurore brûlait sur les hauteurs. L’ange sauta sur le cou de l’éléphant qui battait les vagues de ses larges pieds, et, splendide dans son armure luisante, s’éloigna sur la mer, les ailes grandes.
Voyez ! Il va vers l’horizon au pas balancé de la bête épaisse et noire qui se retourne parfois en agitant sa trompe.
Il se perd dans le jour.
Il se mélange au soleil.
Il emporte avec lui une âme immortelle.
Un son de cloche passe, puis s’éteint… Est-ce l’angelus qui sonne ?… Est-ce la voix du Christ ?…
Un autre son de cloche s’éveille… Un autre encore…