L’ange ne répondit point par des paroles, mais il hocha la tête et, pour la première fois regarda Sylvius dans les yeux.
Avec de légers coups d’ailes, il le poussa jusque dans la maison et le coucha presque insensible sur son lit, puis, la tête tournée vers la mer, il attendit quelques instants.
Sylvius essaya d’ouvrir ses paupières lasses. Il ne put, et, soudain, une idée effrayante qui tourbillonnait dans son crâne et en battait les parois, l’obséda…
Il doutait.
Il doutait furieusement et sans mesure.
Cet ange était-il debout devant lui ? l’avait-il jamais contemplé ?
Ah ! ses paupières étaient trop lourdes pour qu’il parvînt à les lever !… Mais alors… les autres spectacles de sa vie, depuis la marchande d’amours ?… Il s’en souvenait, à coup sûr… Ce souvenir était-il faux, illusoire, inventé ?… Merlin, Lautonne, Blaise, les centaures, Marsyas, Hadès, et la Sirène, et Clorinde poursuivie, tout cela était-il un mirage fallacieux ?… Et le Christ ?…
« Non ! je ne veux pas, murmurait Sylvius en lui-même… Non ! je ne veux pas ! » pensait-il, mais plus faiblement.
Les clartés du ciel augmentaient.
Le jour allait naître…