« Cochons ! » murmura-t-il.

Et, par le pain auquel Amadis avait fixé les dents, il le tira jusqu’à la porte. Mais, au seuil, la misérable bête qui se retenait et glissait des quatre pattes arc-boutées, cessa sa résistance. Son corps mollit et s’affaissa. Elle tomba sur le flanc, jappa une plainte discrète, tourna sa belle tête fine pour contempler son maître et, vaincue par le sort, laissa, dans ce dernier regard, sa petite âme s’envoler.

Un garçon accourut.

« En voilà des manières ! Allons ! décampez avec votre charogne ! Fous le camp, cabot refroidi ! »

Et, d’un coup de pied, il lança le chien mort dans la rue.

VIII

Avec un hurlement de bête, Lautonne courut vers la guenille lamentable qui ne palpitait même plus. Il s’agenouilla dans la boue, serra entre ses mains la gueule sympathique aux prunelles éteintes, baisa le museau, caressa la tête, flatta tendrement les pauvres pattes qui se raidissaient, et, presque à plat ventre, il pleurait avec de grands hoquets.

Ses jambes arquées faisaient sur le pavé gluant deux parenthèses ridicules.

Sylvius, qui l’avait rejoint, le tira par la manche. — De nouveau, l’émotion primait en lui la colère.

« Allons ! venez Lautonne ! ce désespoir est vraiment excessif !… Venez !… Venez donc ! »