« Moi, je suis un homme dans le genre de Baudelaire :

« Mon gosier de métal parle toutes les langues ! »

— Partons ! » fit Sylvius impatienté.

Ils se levèrent et gagnèrent la sortie.

« Amadis ! »

Lautonne siffla, ne voyant pas son chien qui rongeait le pied de la banquette sous laquelle il s’était tapi.

« Allons ! viens ! »

Mais Amadis ne pouvait faire un pas ; il ne lui restait plus que le souffle ; il se traînait à peine, laissant couler de sa gueule un double fil de bave, et le panache de sa queue pendait sinistrement.

Lautonne prit sur la table un petit pain et le jeta vers Amadis. Aussitôt le chien se précipita, l’engouffra à moitié, le secoua, le rejeta, le reprit, mit ses pattes dessus, courut un peu tout autour, y revint, l’engouffra encore, et, ne pouvant dès lors ni s’en défaire, ni l’avaler, resta immobile et tout tremblant au milieu de la salle. — Des femmes, à ce spectacle, montrèrent de la joie. — La bête, toute secouée de frissons et les yeux suppliants, geignait, et, douleur éloquente, semblait déplorer son destin. Elle était si pitoyable que les rires furent plus vifs.

Lautonne, la canine découverte, la lèvre ridée, regarda toute la salle.