Le déjeuner des maîtres (9 h., en buffet) comportait:

Rosbeef, jambon, pâté de gibier, terrine de foie gras, galantine, buisson de crevettes, faisans rôtis, poulet et langue, le tout dressé avec de la gelée. Cette table reste servie jusqu'après le lunch. Quant au chaud, c'est toujours du poisson frit ou grillé, côtelettes, rognons brochette, poulet ou grouse grillés ou sautés, oeufs de tous genres, lard fumé, etc.

Au dîner de 1 heure, pour les serviteurs:

Une pièce de rosbeef, dinde rôtie, oie, légumes, le plum-pudding traditionnel, minces-pies, gelées, fruits, sans compter, pour ce jour-là, vins et liqueurs à profusion, etc.

Tout le monde se réjouit beaucoup en pleine liberté. Pour ces jours de fêtes, les salles sont décorées de guirlandes de verdure et de fleurs par le maître jardinier. Des cartouches sont apposés avec les armes de la maison, sans oublier le fameux bouquet de gui pendant au-dessus des portes. Lorsqu'une jeune fille passe dessous, le spectateur a le droit de l'embrasser. S'il se trouve auprès d'elle à ce moment, la permission dure jusqu'au lendemain du jour de l'an.

Voilà bien des plaisirs variés et fort agréables pour tout le monde…, excepté peut-être pour les artistes de la cuisine retenus à leur devoir jour et nuit…

À ce point de vue, les fêtes de Noël en Angleterre ont leur inconvénient.

Mais n'est-ce pas un peu toujours ainsi, dans la vie? Et le plaisir des uns n'est-il pas presque toujours une cause de labeur pour les autres?

Loin de m'en plaindre, pour ma part je n'ai pas moins conservé un excellent souvenir du fatigant Noël de 1866.

Médaillon de Faisan à la Courtyralla.