—Charmant enfant! murmura Crillon attendri par l'élan de cette noble nature. Comment ne pas l'adorer.

Et pour cacher l'émotion qui peut-être se fût remarquée sur son visage, le brave chevalier se tourna en disant:

—Que cette forêt de Saint-Germain est belle!

Tous deux avaient oublié leur fidèle serviteur Pontis qui, depuis
Vilaines, chevauchait sur leurs traces.

Espérance s'en souvint le premier et voulut le récompenser par quelque bonne parole; mais lorsqu'il le chercha derrière lui, il ne trouva plus rien.

—Et M. de Pontis! s'écria-t-il.

—C'est vrai, dit Crillon, le cadet manque à l'appel.

En vain cherchèrent-ils, appelèrent-ils, rien ne répondit. C'était aux derniers bouquets de la forêt de Saint-Germain. Les maisons d'Argenteuil apparaissaient dans la brume blanchâtre du soir qui commençait à envelopper la plaine.

Crillon impatienté d'attendre, voulait qu'on retournât jusqu'au carrefour afin de prévenir un bûcheron qu'ils y avaient vu et de faire ainsi donner à Pontis, s'il revenait, des renseignements exacts sur leur route. Mais Espérance objecta timidement que six heures venaient de sonner à Saint-Germain, qu'il y avait encore deux grandes heures de chemin jusqu'à Ormesson, et que le rendez-vous convenu avec Mlle Henriette était pour huit heures précises.

—Ah! ah! reprit froidement Crillon. Eh bien! n'attendons pas alors.