—Nous sommes bons gentilshommes, poursuivit Pontis … et gardes du roi….
—D'un roi contesté, c'est incontestable.
—Il est impossible que nous ne trouvions pas dans les environs un ami, une connaissance, un cousin, un proche plus ou moins éloigné. Voyons, varions les nationalités pour nous donner plus de chances de trouver des compatriotes: De quel pays est Vernetel?
—Tourangeau.
—Je vous prends. Et Castillon?
—Poitevin.
—Prenons Castillon. Moi je suis Dauphinois; il nous faudrait un Gascon. L'arbre généalogique d'un Gascon pousse des racines aux quatre coins du monde.
—Quel dommage que le roi ne soit pas là, dit Vernetel, nous l'emmènerions; c'est lui qui a des cousins et des cousines, bon Dieu!…
Et chacun de rire. Henri IV eût bien ri lui-même s'il eût entendu ces jeunes fous.
—Ainsi, continua Pontis, c'est convenu, nous allons demander à dîner sans façon dans la première gentilhommière que nous trouverons. Regardez les jolies maisons qui montrent leur tête blanche parmi les arbres. À gauche, là-bas, ce château avec pelouses. Mais il faudrait passer l'eau, et c'est trop loin. A droite… Ah!… voyez à droite, au milieu de ce jeune parc, le charmant donjon bâti de briques et de pierre neuve. Voilà notre affaire … un petit quart de lieue à peine … partons!… Que j'ai faim!