Pontis serra la boucle de sa ceinture avec une facilité déplorable.
—Partons, répéta-t-il, sinon j'arriverai squelette.
—Mais il faut la permission, dit Vernetel; demandons-la au capitaine.
—Ne faites pas cela! s'écria Pontis.
—Pourquoi?
—Parce que s'il refusait, nous serions forcés de mourir de faim, et que je ne le veux pas. Il y a plus s'il refusait, je ne pourrais m'empêcher de passer outre, et alors ce sont des désagréments à n'en plus finir.
—Oui, on est pendu, par exemple.
—Non pas, parce qu'on est gentilhomme, mais arquebusé, ce qui n'est pas moins désagréable.
—Bah! répliqua Pontis avec la résolution de son âge; tandis que nous allons chercher ce repas indispensable, nos camarades feront le guet; on leur rapportera quelques reliefs pour leur peine. Si le capitaine demande où nous sommes, on lui répondra que nous avons aperçu un levraut se remettre dans la vigne, et que nous y allons faire un tour.
—Et s'il y avait une prise d'armes pendant votre absence? dit
Vernotel.