—Ne vous gênez pas, madame, dit le comte d'Auvergne, recevez-le.

—Il dit être porteur de nouvelles, ajouta le page.

—Bien importantes, madame, s'écria la Ramée qui avait suivi le page à quelques pas et contenait à peine son impatience.

—Venez donc, monsieur de la Ramée, dit Mme d'Entragues avec inquiétude, venez, puisque M. le comte d'Auvergne le permet….

X

D'UN MUR MAL JOINT ET D'UNE FENÊTRE MAL CLOSE.

La Ramée, en se présentant, n'avait plus sa bonne mine. Le voyage un peu rapide, les suites de son exaltation de la journée, l'incubation d'une mauvaise pensée avaient reflété une teinte sinistre sur son visage.

La dame d'Entragues, qui brûlait de se trouver seule avec lui, n'osa cependant pas le prendre à part tout de suite. Elle fut aidée en cela par l'intelligence du jeune homme ou plutôt par sa méchanceté.

En effet, sachant qu'il était en présence du comte d'Auvergne, un royaliste, la Ramée débuta ainsi:

—Je vous apporte, madame, une fâcheuse nouvelle de la guerre.