—Comment, de la guerre? dit M. d'Entragues, qui revenait de conduire l'Espagnol. Est-ce que nous sommes en guerre, monsieur la Ramée?
Puis, se tournant vers le comte d'Auvergne, il lui expliqua ce qu'était la Ramée, le fils d'un voisin de terres.
—Nous sommes en paix, ou plutôt nous y devrions être, monsieur, répliqua le jeune homme; mais c'est seulement en paroles ou sur le papier. De fait, nous sommes en guerre, attendu qu'aujourd'hui même les soldats du Béarnais….
—Du roi! dit M. d'Entragues, inquiet d'un froncement de sourcils du comte d'Auvergne.
—Des soldats, continua la Ramée avec une volubilité qui témoignait de sa colère, ont forcé l'entrée de notre maison, pillé les vivres et provisions, et enfin incendié.
—Incendié! s'écria Mme d'Entragues.
—Votre grange, madame, où était rentrée toute la récolte de cette année pour votre consommation de chasse.
Mme d'Entragues se tut sur un signe de son mari; mais ce silence de tous deux était éloquent; il demandait l'avis de M. d'Auvergne.
Celui-ci, sans avoir perdu un moment le froid sarcasme de son sourire:
—Quels soldats ont fait cela? dit-il.