—Ligueur, va! murmurèrent les gardes.
—Continuez, interrompit Rosny.
—J'étais donc près du lit de mon père avec mes soeurs, quand un bruit de lutte nous vint troubler. Des étrangers étaient entrés de force dans la maison, avaient frappé et blessé mes gens, et pillé de vive force.
—Silence! dit Rosny à des voix qui réclamaient autour de lui.
—Ces étrangers, poursuivit la Ramée, non contents de leurs violences, ont pris des tisons au foyer, ils les ont lancés sur la grange, qui brûle en ce moment, regardez!
En effet, tous se retournant, virent s'élever des tourbillons de fumée blanche qui s'élançaient en larges et ondoyantes spirales par-dessus les arbres du parc.
Pontis et ses compagnons pâlirent. Un silence effrayant s'étendit sur l'assemblée.
—En effet, dit M. de Rosny avec une émotion qu'il ne put maîtriser, voici un incendie … il faudrait s'y transporter.
—Quand on arrivera, tout sera fini; la paille brûle vite. Tenez, voici déjà les toits qui flambent.
Le jeune homme, après ces paroles, s'arrêta satisfait de l'effet qu'elles avaient produit.