—Vous mentez! continua l'insolent accusateur.

—Eh! oui, dit Pontis avec douceur à Castillon et à Vernetel en leur prenant affectueusement les mains. Oui, monsieur a raison, vous mentez, mes pauvres chers amis, nous n'avons pas acheté; est-ce qu'il y a de l'argent, chez nous? Jamais! mais il y a de l'honneur, et je vais le prouver à ce soi-disant gentilhomme. C'est moi, Pontis, moi seul qui ai conçu le projet de la maraude; moi qui ai entraîné mes deux amis, sans leur dire mes desseins; moi qui les ai faits mes complices malgré eux. C'est moi qui ai lancé les tisons par la chambre, sans croire, hélas! qu'ils provoqueraient un incendie; mais enfin, je les ai lancés, il n'y a que moi de coupable. Je me livre, me voici.

—Monsieur, s'écrièrent Castillon et Vernetel, ne le croyez pas, nous en sommes!

—Pardieu! dit la Ramée.

—Ah! répliqua Rosny, révolté par l'esprit de vengeance qui animait si furieusement ce jeune homme, ah! il vous faudrait trois victimes!

—Une par volaille, ajouta Pontis.

—Vous les réclamez, n'est-ce pas? dit le capitaine.

—Je réclame justice.

—Posez vos conclusions.

—Elles sont toutes simples, la trêve a été violée, l'avouez-vous?