Gorenflot devint livide.
—Docile, dis-je, j'ai abandonné la cause de mon frère et proposé à l'Espagne le mariage de l'infante avec mon neveu de Guise.
—Rien que de très-naturel là dedans, interrompit l'interprète, puisque le roi d'Espagne veut marier sa fille avec un prince français, et que M. de Mayenne est déjà marié.
—Et puis, la couronne de France, grâce à votre ingénieux conseil, ne sort pas ainsi de la maison de Guise. Certes, le conseil est admirable, et je vous en remercie encore.
—C'est peut-être pour cela, dit Robert, que vous me proposiez tout à l'heure de me faire pendre?
—Attendez! je n'ai pas fini. Qui a rédigé la proposition de ce mariage au roi d'Espagne, vous, n'est-ce pas?
—Oui, je vous l'ai dictée après m'en être bien défendu; souvenez-vous-en! Je me défie de l'Espagnol; je vous l'ai assez répété.
—Quel jour suis-je venue vous rendre la réponse du roi d'Espagne, c'est-à-dire son acceptation?
—Avant-hier, en me raillant sur ma défiance.
—Combien de personnes savaient le secret?