—Harnibieu non! Ce sont des catholiques.
—Au lieu de rester ici, fais-moi le plaisir d'aller prévenir ces catholiques de ce que veulent faire les huguenots. Ceux-ci veulent m'empêcher d'aller à la messe, mais ceux-là ont bien le droit de m'y conduire.
—Le fait est que c'est admirable! s'écria le chevalier, vous êtes un grand roi!
—N'est-ce pas?
—Je cours. Mais j'y pense, pendant ce temps, que se passera-t-il? Je serais coupable de vous abandonner ainsi!
—Il ne peut rien se passer, les huguenots, que peuvent-ils faire? Me mener au prêche, j'y ai été mille fois déjà. Une fois de plus n'y ajoutera rien. On bien ils me tiendront prisonnier dans ce couvent. Mais je saurai m'en échapper. J'ai ici des intelligences. Ou bien encore ils m'emmèneront, mais les catholiques que tu amèneras leur feront lâcher prise. Gagnons du temps, Crillon, et ne versons pas une goutte de sang.
—On en versera des flots, sire; la moitié de votre armée détruira l'autre, s'il faut vous tirer de la forteresse où les huguenots vous auront mis.
—Crois-tu donc que je me laisserai prendre et enfermer?
—Votre Majesté se fera tuer plutôt, je le sais bien.
—Pas du tout, mon Crillon. Ma Majesté va tout à l'heure se faire indiquer par les génovéfains une porte dérobée.