Espérance étouffa un soupir,
—Que ne résistez-vous? dit-il.
—Je l'ai tenté, mais la lutte m'a brisée. Je n'ai plus de force. On ne résiste pas à son père, quand il s'appelle M. d'Estrées. Et si le roi ne vient pas à mon aide, c'est fait de moi.
—Que faut-il faire, mademoiselle? demanda Espérance.
—J'ai écrit à la hâte quelques lignes qu'il faudrait faire tenir à Sa Majesté sur-le-champ. Ah! monsieur, quel service! et comme je vous bénirai toute ma vie!
—Ce sera peut-être un bien mauvais service, mademoiselle, murmura Espérance; mais je n'ai pas le droit de vous faire part de mes observations. Vous aimez le roi.
—C'est un si grand prince! un héros!
—Je comprends votre enthousiasme, votre amour….
—Mon admiration pour Sa Majesté.
—Vous n'avez pas à vous en défendre, mademoiselle. Pour moi, je partirais sur-le-champ porter au roi votre billet. Mais je suis blessé, mademoiselle, souffrant. Je ne saurais me tenir debout, à plus forte raison monter à cheval; mais mon ami est libre et capable de galoper à cent lieues si vous voulez lui confier le billet. Je réponds de sa discrétion, de sa promptitude.