Gabrielle éplorée, appuyée sur un des piliers de la chapelle, échangeait avec le frère parleur quelques mots qui la ranimèrent peu à peu comme la rosée redresse les fleurs.

—Allons, mes amis! s'écria le seigneur d'Armeval, de la joie! et faisons tant de bruit autour de la nouvelle épouse, qu'elle oublie tout à fait les petits chagrins de la jeune fille.

—Ma fille, dit M. d'Estrées à Gabrielle, il n'était qu'un moyen de vous sauver l'honneur, je l'ai employé. Pardonnez-moi. Je vous aimais trop pour supporter votre honte. Maintenant vous ne me devez plus l'obéissance. Accordez-moi toujours votre amitié. L'estime publique vous dédommagera de quelques songes ambitieux…. Retournons à notre maison de Bougival.

Le frère parleur s'approcha de M. d'Estrées.

—Pas encore! lui dit-il tout bas avec mystère. On a vu des cavaliers suspects rôder autour du couvent. Attendez d'avoir parlé au prieur et gardez soigneusement votre fille au bâtiment neuf.

Et il s'éloigna lentement, après avoir fait un signe à M. de
Liancourt, qui le suivit hors de la chapelle.

—Qu'y a-t-il donc? demanda ce dernier, papillonnant autour de frère
Robert.

—Presque rien, sinon que les cavaliers du roi sont arrivés.

—Quels cavaliers? dit le petit homme, fort ému au nom du roi.

—Ceux qui devaient enlever mademoiselle d'Estrées.