—Quelle trêve?
—Il n'y en a qu'une, je pense, dit aigrement la Ramée, qui avait cru prudent jusque-là de garder le silence, et qui, d'après ses conventions avec Espérance, voulait bien céder la vie de Pontis, mais à condition qu'on lui en fît des remercîments.
—Est-ce à moi que vous parlez? demanda Crillon, en dilatant son grand oeil noir qui rayonna sur le malheureux la Ramée.
—Mais oui, monsieur.
—C'est qu'alors on ôte son chapeau, mon maître.
—Pardon, monsieur.
Et la Ramée se découvrit.
—Vous disiez donc, continua Crillon, que ce jeune homme veut autre chose que de l'argent pour ses volailles et pour sa grange?
—Il veut qu'on exécute l'article de la trêve, s'écria Pontis, c'est-à-dire qu'on me passe par les armes.
Crillon fit un soubresaut qui n'annonçait pas un grand respect pour la teneur de l'article.