—Nullement; c'est un étranger qui passait et qui a pris fait et cause pour vos gardes.

—En vérité! il faut que je le remercie.

—Cela lui fera d'autant plus de plaisir que tout à l'heure, en arrivant, c'est vous qu'il cherchait dans le quartier des gardes.

—Il m'a trouvé, alors, dit gaiement Crillon qui s'avança vers Pontis et Espérance.

Ces deux derniers étaient encore en face l'un de l'autre, les mains entrelacées; Pontis, remerciant avec la chaleur d'un coeur généreux qui aime à exagérer le service rendu; Espérance, se défendant avec la simplicité d'une belle âme qui craint d'être trop remerciée.

L'arrivée de Crillon mit fin à cet affectueux débat.

—Monsieur, dit Pontis à son jeune sauveur, je n'ai point terminé avec vous, et cela durera éternellement.

—Bien! s'écria le mestre de camp, bien, cadet! j'aime les gens qui contractent de pareilles dettes et qui les payent. Va-t'en!

Et il lui asséna sur l'épaule une caresse de cent livres pesant.

Pontis plia sous le double fardeau du respect et de ce poing mythologique; il adressa un dernier sourire à Espérance et rejoignit ses camarades.