—Et moi, répliqua Pontis, je le quitte s'il ne se convertit pas….
—Ventre du pape! s'écria le huguenot en se levant à moitié.
—Tiens, vous avez encore la force de vous mettre en colère? Eh bien, moi, je garde mon souffle pour une meilleure occasion. Huguenots ou catholiques devraient, au lieu de se quereller, aviser au moyen de vivre.
—Quelle idée a-t-il eu, le roi, poursuivit le huguenot grondeur, d'accorder une trêve à ce gros Mayenne? Nous serions en ce moment sous Paris; mais non … au lieu d'exterminer la ligue, on la ménage. Tout cela finira par des embrassades.
—Pourquoi ne pas commencer tout de suite? s'écria Pontis, au moins nous serions de la fête, tandis que si l'on tarde nous serons tous morts. Sambioux! que j'ai faim.
Un nouvel interlocuteur s'approcha du groupe, c'était un jeune garde nommé Vernetel.
—Messieurs, dit-il, je fais une réflexion: puisqu'il y a une trêve, pourquoi ne sommes-nous pas à Mantes avec la cour? on y mange, a Mantes.
—Quelquefois, grommela le huguenot.
—Au fait, dit Pontis, l'idée de Vernetel est bonne; pourquoi sommes-nous ici où l'on ne fait rien, et non à Mantes où est le roi?
—Parce que le roi n'est pas à Mantes, dit Vernetel. Tenez, en voici la preuve.