—Dirai-je très-chrétienne? demanda un autre d'un ton goguenard.

—Pas encore mais bientôt, j'espère, dit vivement Pontis. Le roi nous fait mourir de faim parce qu'il n'est pas catholique. Que ne l'est-il?

—Eh! eh! monsieur de la messe, crièrent au jeune homme plusieurs huguenots réveillés par ce souhait de Pontis, si vous n'êtes pas de la religion, n'en dégoûtez pas les autres.

Le capitaine s'éloigna en chantonnant, pour ne point se compromettre.

—Ma foi! messieurs, dit Pontis, ne chicanez pas pour si peu; nous sommes bien tous de la même église, allez!

—Bah! firent les huguenots, depuis quand?

—Sambioux? nous sommes tous d'une religion dans laquelle personne ne boit ni ne mange.

Un famélique éclat de rire accueillit funèbrement cette saillie de
Pontis.

—Je disais donc, continua-t-il encouragé, que toutes ces fumées de là-bas sont catholiques, que Paris est catholique, que ces châteaux qui nous environnent et qui nous narguent sont catholiques. Je veux être pendu si tout ce qu'il y a de bon dans la vie n'est pas catholique romain. Voilà pourquoi je voudrais que Sa Majesté entrât dans une religion nourrissante. Ah! vous avez beau murmurer, vous ne ferez jamais autant de bruit que mon estomac.

—Si le roi se convertit à la messe, s'écria un huguenot, je quitte son service.