—Mais, monsieur, c'est moi qui, à mon tour, ne vous laisserai pas seul par les chemins. S'il vous arrivait malheur…

—Il y a trêve; et puis, pour ceux, qui ne me connaîtront point, je vaux mon homme. Pour les autres, mon nom vaut une troupe! D'ailleurs, je n'irai pas absolument seul. Holà, cadet!

Il appelait Pontis, qui se hâta d'accourir,

—As-tu un cheval? dit-il.

—Moi, monsieur! si j'en avais un, je l'eusse déjà mangé.

—C'est vrai; fais t'en donner un à mon écurie, tu m'accompagnes.

—Merci, mon colonel.

—Et j'accompagne M. Espérance.

—Sambioux! quelle joie! s'écria le Dauphinois transporté, qui courut à l'écurie comme s'il y devait trouver une fortune.

Dix minutes après tout était préparé. Espérance voulut tenir l'étrier à Crillon, mais celui-ci avant de monter fut arrêté par une réflexion.