—Nous oublions quelque chose, dit-il.
Et, faisant signe au jeune homme de le suivre, il alla trouver Rosny qui continuait sa promenade au bord de la rivière.
Le seigneur huguenot travaillait, comme toujours, faisant des plans ou prenant des notes.
Il vit du coin de l'oeil Crillon descendre de son côté, mais il feignit de ne pas le voir. Il avait encore sur le coeur la rebuffade du matin.
Mais Crillon allait droit au but; il lui barra la route, et, la bouche souriante, l'oeil sincèrement affectueux:
—Monsieur de Rosny, dit-il en lui prenant la main, je m'en vais faire un tour du côté de Saint-Germain, où j'ai reçu avis d'aller trouver le roi notre maître pour quelque affaire de conséquence, confidentiellement, ceci. J'emmène avec moi ce jeune voyageur et le Dauphinois, vous savez, l'échappé de la corde. Je vous prie, monsieur de Rosny, de donner ici votre coup d'oeil incomparable, de traiter les choses en maître, et de me regarder comme votre serviteur.
Rosny ne tint pas devant cette généreuse expansion; il embrassa cordialement Crillon qui, profitant de la bonne veine, fit signe à Espérance d'approcher, le prit par la main et ajouta:
—J'ai voulu vous présenter moi-même ce jeune homme, qui m'est recommandé par sa famille. C'est un aimable compagnon, n'est-ce pas, monsieur? et vous me rendrez sensiblement votre obligé en lui accordant vos bonnes grâces.
Rosny allait répondre.
Crillon s'adressant à Espérance: