—Oh! monsieur, lui dit-il, prenez bien garde, vous êtes trop noble sous les armes, on vous reconnaîtra.

—Vous croyez, cher monsieur Langlois, répliqua le gros homme.

—Certes, monsieur.—Et vos soldats qui emboîtent le pas comme des gardes du roi! Pour des bourgeois, c'est invraisemblable.

Le gros officier sourit avec satisfaction.

—C'est que les Espagnols se retournent, monsieur, poursuivit l'échevin, et je ne serais pas surpris qu'ils vous fassent suivre.

—Je les défie bien de me reconnaître sous ce bât de bête de somme, murmura l'officier; je dois être abominable à voir.—Et ces malheureux, ajouta-t-il en regardant obliquement sa troupe, sont-ils humiliés!… Vous les avez habillés en Carême-prenant. Je les trouve ignobles.

—Mais non, mais non, dit Langlois.

—Nous sommes bientôt arrivés, n'est-ce pas? continua l'officier. J'ai assez de ma visière; elle me scie le front et finira par me couper le nez…. Je suis tout écorché, harni….

—Chut!… fit l'échevin. Nous y voici.

—Rompez donc le pas! coquins, dit l'officier à voix basse.