—De la part de Mme la duchesse: alarme! la cavalerie ennemie paraît dans la campagne. Alarme!
—La Ramée! s'écrièrent Espérance et Pontis qui bondirent au son de cette voix et se trouvèrent face à face avec l'aide de camp de la duchesse.
—Eux ici! dit la Ramée, devenu pâle comme un spectre.
Au cri d'alarme, tout le poste avait couru à ses mousquets, à ses hallebardes. Les bourgeois debout s'étaient armés en un clin d'oeil. Tous les visages respiraient la haine et la guerre.
—Messieurs! s'écria la Ramée en désignant son ennemi qui se serrait près d'Espérance, cet homme s'appelle Pontis, c'est un garde du roi! Trahison!
—Misérable! murmura l'officier bourgeois en assénant un coup de poing sur la tête de la Ramée.
—M. de Crillon! hurla celui-ci.
Au nom redouté de Crillon, don José, les Espagnols, le poste entier poussèrent un rugissement de terreur et de rage. On se montrait l'officier bourgeois, on apprêtait les armes.
C'était dans l'enceinte circulaire de la tour un de ces désordres passionnés comme les aimaient Bourguignon et Terburg.
—Harnibieu! oui, je suis Crillon, dit le chevalier d'une voix retentissante en jetant loin de lui, par un geste sublime, le ridicule armet qui cachait sa tête, je suis le brave Crillon! À moi, mes gardes, et nous allons voir!