—Heureusement pour lui, répliqua Espérance avec un rire forcé, que sa femme n'a pas encore, comme le roi, fait son entrée à Paris.

Il achevait à peine qu'un capitaine des gardes appela M. de Pontis pour affaire de service. La conversation se trouva ainsi rompue au grand plaisir d'Espérance qu'elle faisait souffrir.

Pontis sortit, mais au bout de quelques minutes il revint, et appela
Espérance, qui s'empressa de courir à lui.

—Qu'y a-t-il donc? demanda le jeune homme.

—Une grande faveur qui m'est faite, mais une corvée: j'ai, de la part du roi, et dans le plus grand secret, quelqu'un à escorter à la campagne.

—Un prisonnier, sans doute?

—Probablement. Ce sera très-ennuyeux. Veuillez m'aider à faire la corvée.
Au moins serons-nous à cheval ensemble, et nous causerons.

—Volontiers.

—Je vais faire seller ton cheval avec le mien; attends-moi dans cette allée, là-bas, près de la rivière; c'est par-là que le prisonnier va sortir. J'amènerai nos deux montures, ne t'occupe de rien.

—Bien, dit Espérance.