—Sans doute; mais c'est fini. Le roi a été clément, j'ai été spirituel; nous avons réussi à nous entendre.

—Contez-nous cela, dit Pontis, malgré tous les signaux d'Espérance.

—Je dois mon retour en grâce au bon conseil du révérend prieur des génovéfains, répliqua M. de Liancourt. C'est lui, par interprète, qui m'apprenant hier l'entrée du roi et la générosité de S. M. pour les Espagnols, m'insinua qu'il était temps de ne plus bouder le roi.

—Vous boudiez! s'écria quelqu'un.

—Monsieur s'était retiré dans ses caves; pardon, dans ses terres, s'écria
Pontis.

—Mais pourquoi boudait-il? demanda un curieux impertinent.

—Affaires de famille, dit Espérance, qui tremblait d'entendre profaner le nom de Gabrielle.

—Eh bien! continua le bossu, j'ai suivi le conseil du révérend, et hier soir, à peine délivré, je suis arrivé au Louvre pour saluer le roi. S. M. m'a reçu avec bonté, a souri, et au lieu de me laisser retourner à Bougival, m'a fait la faveur de me retenir à toute force au palais, parmi vous, où j'ai passé une nuit charmante, une nuit comme assurément le roi n'en a point passé une pareille.

Un malin sourire effleura les lèvres de la Varenne qui causait, dans une embrasure, avec le gros financier Zamet.

—Voilà le roi qui prend ce malheureux par la douceur, dit tout bas Pontis à Espérance; c'est bien plus dangereux.