—Le bon roi y est attendu pour le baptême de son fils.

—De quel fils? demanda l'étranger.

—César, monsieur, fils de la belle Gabrielle et du roi.

L'étranger pâlit.

—Fort bien, murmura-t-il, en étreignant avec effort sa poitrine gonflée. Ah! cet homme doit aller assassiner le roi… c'est donc toujours à recommencer?

—Tous les huit jours, monsieur, la vie de notre père est menacée; aujourd'hui c'est le tour du coquin que voici.

—Il vous l'a dit?

—Il n'en a eu garde; d'abord il feint de ne pas nous comprendre, et nous sommes de force à le deviner, Dieu merci! Mais pardon, monsieur, ajouta le percepteur avec défiance, vous défendez trop ces coquins, seriez-vous ligueur ou Espagnol, car vous leur avez parlé leur langue? Avez-vous des papiers?

—Certes oui, monsieur, répliqua froidement le jeune homme, et je ne ferai aucune difficulté de vous les montrer.

—D'où venez-vous?