—Hélas! dit Henri, un peu lâchement, existe-t-elle cette perfection dont vous parlez?
—Ce n'est pas à moi de répondre.
—Cependant, vous le pourriez, plus que personne.
—Je n'ai qu'un mérite, c'est de bien vouloir ce que je veux. Si je prends le bras de quelqu'un, je le tiens ferme; si je prends son esprit, je le garde.
—Mais son coeur?
—Ne parlons pas de cela. On saisit un bras, on captive un esprit, mais le coeur, où est-ce?
—Le coeur, dit Henri en abaissant son regard brûlant, doit être sous ces noeuds de rubans brodés d'or que je vois frissonner à votre côté gauche; le satin s'agite: c'est qu'au-dessous bat quelque chose. Appelons cela le coeur.
L'inconnue, troublée par cette galante attaque, baissa la tête, et les noeuds de ruban palpitèrent plus fort que jamais.
—Vous m'avez défié continua le roi. Voici mon bras. Quant à mon esprit, il vous écoute.
—Je prends donc votre bras, s'écria l'inconnue avec une sorte de triomphe. Cela d'abord. Et, pour causer plus librement, quittons, si vous voulez bien, cette salle pour la galerie des fleurs qui y aboutit. Je crois que j'ai à dire à mon cavalier beaucoup de choses qui l'intéresseront.