XVII

AMBASSADES

Le lendemain, jour fixé par Gabrielle pour son départ, le soleil apparaissait à peine que deux hommes enveloppés de manteaux se promenaient en long et en large dans le parterre qui précédait la maison de la marquise.

Il faisait froid, un froid brillant qui blanchissait la terre. On l'entendait résonner sous l'éperon de ces deux cavaliers qui causaient ensemble d'un ton aussi échauffé que leurs mains et leurs figures étaient froides. De temps en temps, l'un ou l'autre levait la tête vers l'appartement de la marquise où rien encore ne remuait.

—Je vous assure, monsieur Zamet, que le roi notre maître m'a donné une triste commission, dit le plus petit et le plus gelé des deux personnages. Empêcher une femme de faire un coup de sa tête!

—Il y va donc aussi de la tête du roi, monsieur de Rosny, répliqua le florentin Zamet.

—On le dirait, monsieur, et je vous ai mandé pour que nous en causions sérieusement. Je sais tout votre zèle pour la personne de Sa Majesté, et vous remercie de vous être dérangé si matin pour venir me trouver ici, où j'étais envoyé par le roi. Oh! le cas est grave.

—Si grave que cela?

—Le roi a le coeur tendre, monsieur Zamet, et depuis que sa maîtresse menace de le quitter, il ne vit plus. A propos, vous qui avez la vue excellente, ne voyez vous rien bouger chez la marquise?

—Rien encore, monsieur de Rosny.